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Le prochain "PARADE" se prépare on line sur le blog à Manu Larcenet : cliquez sur Zongo (si vous l' osez !)
Les totems des sorciers d'Afrique centrale que l'on se représente comme des statuettes
ou des figurines, sont la plupart du temps des objets totalement quelconques comme des lunettes, des bottes, un manteau, ou bien encore... enfin bon vous voyez bien ou je veux en venir... 
Pour citer un exemple célèbre: Mobutu (l'ancien despote de l'ex Zaïre) s'affichait toujours avec ses deux totems: 
Quoi de plus difficile que de créée une véritable ambiance épique, avec des actions héroïques, des enjeux nobles, des ennemis terrifiants et abjectes, des exploits à la limite du possible, des cas de conscience authentiquement profonds et insolubles ?
QUOI MAIS QUOI ?
Peut-être une ambiance humoristique de connivence avec les lecteurs ? Une atmosphère composée de clins d'oeils aux clichés et codes du genre ? Vous voyez, ce genre de truc où les lecteurs jouissent de l'usage pertinent des ficelles qui sont l'apanage des réalisateurs spécialisés, tout en appréciant le second dégré qui intégre juste ce qui faut de dérision, sans allez jusqu'à anéantir complètement tous les effets.
Joann Sfar et Lewis Trondheim prennent leur truc très au sérieux. Avec eux le gag scatologique ne TUE JAMAIS l'ambiance ! Quand Baal fait son trou, quand Herbert et Marvin explorent la fosse septique, ça n'empêche pas le lecteur de rester dans l'intrigue. Allons bon, mais pourquoi donc prendre le risque de crever l'atmosphère en insérant des répliques qui potentiellement peuvent éjecter le lecteur de l'intrigue ? Est-ce là un impérieux et puéril besoin de la part des auteurs de tuer l'histoire, pour masquer leur inaptitude à maintenir une action alletante et intense du début à la fin ?
Non au contraire, car nous ne sommes pas éjecter de l'histoire, malgrès ces acrobaties infantiles que fuient tout auteur sérieux qui se respecte !
Raaaaaa, mais alors, si la dérision n'a pas pour effet d'aboutir à la mort de l'intrgue, peut-être qu'elle y contribue, contre toute attente ? En effet ! Quand Marvin Rouge est mis en garde par les Devins (DM3) en des termes alambiqués contre "des forces dont tu n'imagines pas la force", et que Marvin Rouge se fait l'échos du lecteur moyen en rétorquant :"Des forces dont j'imagine pas la force, c'est un peu nul comme phrase", le lecteur est renforcé dans l'histoire ; il y est renforcé, car les auteurs échangent un clin d'oeil complice avec le lecteur, en faisant réagir le héros de la même manière que eux auraient réagit.
Le mécanisme consiste à épaissir la sauce, plutôt qu'à l'alléger. Une bonne vanne décalée fait ressortir le côté grave de la situation, comme quand Marvin Premier s'indigne d'être traité de "gros" par un Olf (DC101). Des réflexions qui font remarquer le ridicule d'une situation pourtant grave sont d'une suprême habilité, puisqu'elles font sentir aux lecteurs que l'on essaye pas de leur servir un poncifs, mais qu'on contraire, on les considèrent assez intelligents pour noter au passage le côté ridicule de la situation. J'aurai pu commencé par ceci, mais j'en termine plutôt, pour ne pas terminer en queux de poisson ; dans la vie réelle, toute situation tragique a un côté comique, et toute situation comique a un côté tragique, comme disait monsieur Molière ; et l'habilité d'un bon narrateur consiste à être capable de mettre les deux en exergue, afin de les renforcer, sans les dénigrer pour autant, si vous me permettez d'en tirer cette hardie conclusion.
Eliya
Je vois les sourire en tranche de courge, "Zongo est instigateur de pédagogie percutante". Mais c'est que Donjon cache une dimension intellectuelle véritable, pédagogique, qui fait progresser le lecteur alors même que le sang qui a giclé des pages n'a pas encore eu le temps de sécher. La pluspart des livres quels qu'ils soient revendiquent une dimension autre que récréative, une dimension de réflexion qui développe le champs de vue du lecteur. Le cinéma, comme la bédé, est moins prétentieuse, elles ont pour vocation première de divertir. En réalité, c'est la qualité de la narration et du scénario qui procurent ou non à l'ouvrage une intelligence qui dépasse le simple cadre de l'amusement. Les sujets sérieux traités avec maladresse ne distraient pas, et dépriment.
Donjon n'a que des dehors humbles. Elle ne revendique pas un traitement historique d'une période difficile, une situation dans le monde dure, même par allégorie et métaphore. Donjon est du médiéval-fantastique agrémenté de personnages animaliers humanisées, et d'un humour riche dont le champs recouvre le pipi-caca, et l'humour de situation. Joann Sfar et Lewis Trondheim font percer l'intelligence derrière la convivialité et la décontraction d'une histoire primesautière, grivoise, vulgaire, et brutale, entre amis.
Néanmoins, derrière l'attitude bête, méchante, et sans nuance des Tilapins ou des Olfs, derrière la corruption assumée d'une Antipolis décadente, derrière les grandes trames narratives de Donjon, se cache un traitement intelligent des comportements et des problématiques. Ce qui fait obstacle entre la production de l'information et la prise de conscience, c'est la capacité à s'intéresser au problème. Donjon a pour vocation que de divertir, et à ce titre, le lecteur est absolument détendu et ouvert à l'action qui lui ait soumis. Les messages passent directement, bien plus efficacement que si, par exemple sur le sujet de la religion, il était en train de lire un livre sur l'Inquisition en Espagne. Il se prend en pleine figure le racisme des Tilapins, la barbarie d'un viol, et sans avoir envie de refermer son album !
Et l'apparence de fiction donne toute l'attitude pour sensibiliser le lecteur aux problématiques traités. Voyons-en quelques-une, pour vous en convaincre. Justice et droit. Les propos de Ravin Eusatche l'avocat bovin dans DPM-97. L'attitude criminelle de l'avocat de DM8 qui dirige rien que moins que la Guilde des assassins. La caricature de procès des Olfs dans DC103.Le fanatsime. DC104 et la réforme du draconisme, à la suite d'un débat entre Marvin et Orlondow. L'attitude fanatique des moines dans DC102, DM4. La stupidité des prètres Bathistes dans DM9, qui refusent d'écouter Noyeuse. Le mal qui ronge la démocratie moderne est l'indifférence du peuple envers les affaires qui sont de sa responsabilité, car la démocratie a la faiblesse de sa force, elle donne un maximum de droits et responsabilités aux citoyens. L'entreprise indirecte mais efficace de sensibilisation qu'entreprend Donjon sur les grands sujets de société participe au travail d'ouverture d'esprit qui est l'apanage des meilleurs troubadours.
Eliya
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