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Ce qui plaît dans les oeuvres de fiction, cinéma, livres, bédés, théatres,
et ainsi de suite, c'est qu'elles nous transportent le temps d'une lecture
ou d'un visionnage dans un autre monde. La poesie de l'histoire.

Donjon dès DZ1 est un animal inclassable. Joann et Lewis écrivent une
bande-dessinée qui emprunte au médieval-fantastique. Avec des animaux pour
héros, en sus d'un bestiaire fantastique -dragons, poulpes gluants glauques.
La médiéval-fantastique ne connait que deux extrêmes, sans nuance, l'épique
qui se prend au sérieux, solennel, dont Le Seigneur des Anneaux est
l'illustration, ou le médiéval-fantastique humoristique, comme Lanfeust.
Donjon créait une nouvelle catégorie, avec une série où le rire n'est jamais
l'ennemi de l'histoire, ne décrédibilise jamais l'histoire. L'intelligence
de l'humour de situation apporté au médiéval-fantastique est une nouveauté.
Y bannir les hommes au bénéfice des animaux -exceptions faite des nains,
gnomes- tend à pousser cette bédé dans la catégorie des BDs pour enfants.
Or, Joann Sfar et Lewis Trondheim en 25 albums ne se contentent de pas moins
que d'intrigues riches en rebondissement et fouillées, battant en brêche les
grands sujets de sociétés telle la religion, la loi, ou l'amour, avec en
contre-point un humour homniprésent.

Donjon est un objet bien singulier eu égard à ces particularités. La forme,
médiéval-fantasy, animaux pour héros, la classe aux yeux du grand public
comme une bédé pour enfant. Le fond traite avec une subtilité et une
intelligence redoutable des sujets de fond. La poesie est toujours présente,
malgrès ces "handicaps", ce qui en fait que renforcer la qualité de
l'oeuvre.

Pour prendre des postulats aussi courageux, et les tenirs hauts en 25
albums, il faut de l'intelligence, du respect pour les lecteurs, et tout
simplement du génie. Les auteurs accumulent les originalités, innovations
qui tôt ou tard feront écoles en bédés, comme la séparation narrative en
trois époques, qui permet de suivre les héros dans leurs gloires et leurs
déchéances. Ou comme la place accordé aux personnages secondaires par la
création s'une série spécialement allouée à ces derniers. Ou comme la place
accordée à d'autres dessinateurs par Joann et Lewis, qui ne conservent que
l'écriture de l'histoire.

Il est aisé pour un auteur de faire une ou deux bonnes bédés, s'il est
sérieux et talentueux, car il a du temps, et la qualité globale de la
production est un térreau qui donne des idées. Mais pour enchainer 25
albums, avec autant d'innovations, de postulats originaux, et de traits de
génie, il faut plus que du talent. Il est aisé à des auteurs de créer la
poesie en servant du réchauffé d'oeuvres qui ont fait leurs preuves à des
lecteurs qui n'y connaissent rien, mais TronSfar1 font tous le contraire.
Mais faire sien des postulats aussi handicapants du point de vue du
grand-public, pour les sublimer en une fresque qui nous transporte dans sa
propre poésie, c'est proporement fantastique.

C'est peut-être ici qu'il faut chercher la raison la pérénnité de Donjon.

Eliya
(1) TRONSFAR : contraction de Joan Sfar et de Lewis Trondheim qui créent les scénarios de donjon sans qu'on puisse distinguer qui a fait quoi
Mardi 22 août 2006

La relation Hyacinthe Marvin

 

La relation entre Marvin et Hyacinthe est une relation de maître à employé. Marvin dès DZ1 est représenté comme l'inquiétante créature qui veille dans l'ombre sur le Gardien. Sur quoi se base cette fidélité (I) ? Vers quelles évolutions cette fidélité peut se diriger les prochains Zenith (II) ?

 

I. Les bases de la relation Marvin-Hyacinthe

Marvin est d'une fidélité à toute épreuve envers le Gardien, et on est en droit de s'interroger sur son fondement. Cette loyauté résulte d'une part des circonstances qui ont présidé à leur rencontre (A), et d'autre part de la nature de Marvin (B).

 

A. Les circonstances de leur rencontre

L'excellent DM7 nous dépeint la rencontre entre Marvin et Hyacinthe, ce dernier sauve Marvin et sa mère de la mort. Mieux que ça, il leur accorde immédiatement sa considération, et met sa vie entre leurs mains. Hyacinthe se comporte toujours de manière déférente et respectueuse envers la mère de Marvin, et tient le jeune Marvin en grande estime. Ne lui propose t-il pas de le prendre à sa charge afin qu'il mène des études sous sa tutelle ? Hyacinthe est lui-même devenu un homme sous la garde de son oncle le Comte Florotte, et il ne fait pas de doute qu'il était prêt a "adopter" Marvin, un peu comme lui-même a été adopté par Florotte.

Il n'est pas hasardeux de conclure, même si aucun DPM ou DM ne l'illustre, que Marvin a grandit en voyant Hyacinthe comme une figure d'autorité paternelle. Du "monsieur" de DM7 au "Gardien" de Zénith, Marvin n'appelle Hyacinthe que par un titre qui marque le rapport hiérarchique. Assez naturellement, Marvin a dû revenir auprès de Hyacinthe en tant qu'employé, encore une fois, et il s'est tout naturellement affirmé comme son meilleur allié.

Les qualités de Marvin ont enterriné ce respect et cette collaboration, pour en faire un fort rapport de confiance.

 

B. La nature de Marvin

Marvin est un individu au caractère et aux manières très marqués. Il juge vite, réfléchit vite, agit avec efficacité. Sa grille de lecture démarque rapidement le bon du mauvais, et il en devient parfois assez manichéen, voir rigide et dogmatique. Le Draconisme symbolisme assez bien la structuration arbitraire et absurde d'une religion rétrograde, avec le tabou sur les personnes qui vous insultent, ses principes mysogines, que Marvin ne manquera pas de faire voler en éclas dans Crépuscule. Mais la rigidité qui caractérise Marvin matérialise aussi sa loyauté, qui est solide et fiable. Ce trait de caractère est aussi hérité de l'éducation maternelle. Madame la Mère-de-Marvin est une vraie "Lady", une femme de tête, ou "maîtresse femme", qui décide, encadre, se fait obéir, jusqu'a recouvrir son enfant d'un amour exclusif. Une telle jeunesse prédispose Marvin a un schéma de hiérarchie, de respect de l'autorité, et Marvin reportera certainement ce schéma envers Hyacinthe. D'autant que la Mère de Marvin démontrait dans DM7 une loyauté et une confiance a Hyacinthe qui a facilité cette transmission.

Les évènements des deux derniers Zénith apportent des éléments neufs, qui permettent de s'interroger sur les directions que suivra cette relation.

 

II. L'évolution de la relation Marvin-Hyacinthe

Avant de passer aux supputations (B), un certains nombres de faits nouveaux sont utiles à rappeler (A).

 

A. Un rapport soumit à des pressions

Jusqu'à DZ4, tout était limpide. Marvin est le Général du Donjon, le plus capable des auxiliaires du Gardien, et le Gardien se tourne spontanément vers lui dès qu'un pépin se présente. La considération réciproque ne tolère aucun élément déstabilisateur, jusqu'à l'arrivée de Herbert.  Herbert est le premier ami de Marvin (confère DZ2p.14) depuis longtemps, et la seule personne à qui il tient autant qu'à Hyacinthe. D'ailleurs la première trace de désobéisance de Marvin survient quand ce dernier se lance au secours de Herbert dans DZ3, alors que Hyacinthe lui a dit ne pas vouloir venir en aide à Herbert. Et Herbert partage avec Marvin un rapport de subordination hiérarchique envers Hyacinthe, mais diffère par une moralité et un sens de la loyauté beaucoup moins absolus. Herbert ne tardera pas a séduire et enlever l'épouse putative (1) de Hyacinthe. L'ambiance familiale entre Herbert-Marvin-Hyacinthe est secouée par le choix qu'Herbert force Marvin a faire entre sa fidélité envers le Gardien, et leur amitier à eux.

Cette équation peut évoluer de plusieurs manières.

 

B. Théories sur l'avenir de la relation Marvin-Hyacinthe

DZ5 se termine sur une situation de relatif apaisement, après moults soubressauts cataclismiques, Isis et Marvin attendent ensemble l'arrivée d'Herbert, et le Gardien a d'autres soucis en tête que son mariage avec Isis, qui est définitivement écarté. Il n'y a donc plus d'élément de friction dans la petite famille Herby-Marvin-Isis-Hyacinthe, mais quelles seront les conséquences et les traces que laisseront ces évènements ?

Marvin n'a pas faillit à Hyacinthe, dont il a défendu avec une ferveur inébranlable les intérêts, contre et face à Herbert. Marvin a donc clairement choisit, et résolut ce cas de conscience, mais en réalité il n'a pas défendu les intérêts de Hyacinthe, même s'il en était persuadé. Hyacinthe a beaucoup perdu du fait de l'entêtement de Marvin a contrecarrer les projets de noces clandestines de Herbert et Isis. Toute la question est donc de savoir si Hyacinthe peut, paradoxalement, en garder rancune à Marvin.

De la part d'un individu moins intelligent et pragmatique que Hyacinthe, il aurait été envisageable que Marvin voit se retourner contre lui sa fidélité. Mais Hyacinthe est bien trop mature pour commettre une telle bêtise. Serait-il possible que ce soit du côté de Marvin qu'une rancoeur s'installe ? Il a mal vécu à coup sûr son conflit avec Herbert, et les revers de fortune atteignant Hyacinthe qui en résulte lui sont forcément insupportables. Tout cela est dû au fait que Hyacinthe ne se soit pas ouvert de ses intentions véritables à Marvin. Et ça, Marvin pourrait le lui reprocher. Mais cette situation s'apparente trop à un regrettable et tragique concours de circonstances, et le douloureux choix que Marvin a dû effectué entre Hyacinthe et Herbert est davantage le fait de ces impondérables, que d'un manque de confiance de la part de Hyacinthe, qui au pire a commis une simple bourde.

 

En conclusion, la solide amitier entre Hyacinthe et Marvin a encore de beaux jours devant elle, et rien ne semble annoncer de conflit entre le Gardien du Donjon et son melleur auxiliaire.

 

Eliya

(1) Ce n'est pas un synonime de péripatétienne, mais signifie "présomptif".

par Eliya publié dans : Relations entre personnages
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Dimanche 25 juin 2006

Il est une notion qu'il faut avoir en tête lorsque l'on parle de Donjon, c'est le renouvellement de la problématique narrative.

La bande dessinnée Donjon dessinnée de Lewis Trondheim et de Joann Sfar, duo appelé affectueusement TronSfar, a pour particularité d'être l'unique fresque a aligner 27 albums avec une vivacité narrative toujours renouvelée.

Hélas toutes les autres bandes dessinées, même les plus grandes Thorgal, XIII, ont perdu leur vivacité narrative, alors que TronSfar ne sombrent jamais, et semblent avoir trouvé la clef secrète à ce problème de renouvellement de problématique narrative.

Le renouvellement de la problématique narrative a été impossible à tous au-delà de 10/15 albums, le monde n'évoluant plus, mais dégénéréant. Pourtant, TronSfar ont trouvé des solutions.

La segmentation de l'histoire en trois périodes est la première astuce de TronSfar pour écrire beaucoup d'albums sans tourner en rond, la séparation temporelle offre une diversité narrative qui leur procure un peu d'avance. Mais à l'intérieur de ces trois périodes, le risque soit de se répéter soit de ne plus trouver d'évènements crédibles demeure. Les clefs employées par TronSfar dans Donjon sont simplement le sacrifice des vieilles recettes, au prix de désappointer leur lectorat, pour mieux enrichir le réçit, et ces clefs se retrouvent donc dans les trois séries principales : Potron-minet (I), Zénith (II), et Crépuscule (III).

 

I. L'époque Potron-Minet

La problématique originaire de Potron-Minet (A), a été sacrifiée au bénéfice d'une nouvelle problématique (B).

 

A. La problématique originaire de Potron-Minet

Potron-Minet a pour problématique originaire le parcours iniatique virtuel et matériel de Hyacinthe. Au point de vue symbolique, il passe du stade de l'enfance et de l'idéal au stade de l'adolescence et des réalités dures de l'existence. Au point de vue matériel, il passe de la campagne à la ville avec son lot de corruption. Il relève deux défis.

a/ La conquête amoureuse d'Alexandra.

b/ L'affirmation sociale

Hyacinthe dans les trois premiers albums est suivis presque semaine après semaine, et le renouvellement narratif était en danger. Sous peine de sombrer dans les deux pièges de la dégénérescence que sont la répétition et les rebonds artificiels, il fallait faire un saut temporel, et faire avancer décisivement l'histoire, ce qui a été fait dans DPM-84.

Ainsi TronSfar ont eu la maturité, probablement du à la clairvoyance et au recul que leur procure le fait d'être deux, de ne pas s'accrocher à leurs vieilles recettes. Cette attitude est en vérité la seule véritable solution, mais le lectorat n'est pas toujours prêt, et se trouve désappointé face à cette rupture de l'habitude, alors même qu'il n'aurait pas manqué d'hurlé au pourrissement si les auteurs avaient procédé autrement. Le lectorat perd ses repères dans cette transition, qui permet le création d'une nouvelle problématique.

 

B. La nouvelle problématique de Potron-Minet

L'ancienne problématique est morte, Hyacinthe s'apprête à vivre avec Alexandra, et sa position de notable d'Antipolis a pris fin avec la destruction de celle-ci. La nouvelle problématique se réoriente naturellement vers le dessein de Potron-Minet, à savoir la genèse du Donjon problématique resté jusque-là en toile de fond.

Cette réorientation suppose les questions nouvelles suivantes :

a/ Le passage à l'industrie Donjonesque

b/ L'évolution de Terra Amata autour du Donjon naissant

Potron-Minet est directement liée à Zénith, qui en est la finalité, bien davantage que Crépuscule pour Zénith, Crépuscule qui est la plus "indépendante" des trois séries.

 

II. L'époque Zénith

La plus fragile des problématiques (A), doit être renouvellée pour préserver la pérennité de l'ensemble de la série Donjon (B).

 

A. L'époque Zénith : la plus fragile des problématiques

Scénaristiquement Zénith est la plus périlleuse des trois périodes, car elle est fondée sur l'album Coeur-de-canard, qui est est la pierre angulaire et fondatrice de Donjon, et à ce titre est la plus rigide. Le cadre cadre narratif posé dans DZ1 comportait 2 postulats :

a/ Le Donjon est pratiquement invincible à tous égards

b/ L'amitier entre Herbert et Marvin est tout aussi inaltérable

Sur ces deux conditions reposent tout le reste de Donjon :

a/ Potron-Minet a pour but d'expliquer l'avènement de la puissance du Donjon

b/ Crépuscule raconte la guerre que se livre Herbert devenue mauvais et Marvin qui tente de la ramener du côté lumineux de la Force.

Cette trame très étroite ne permettait pas de faire évoluer au delà de quelques albums l'évolution narrative, par conséquent ces deux postulats devaient être bousculés. Je n'entrerais pas dans les détails, mais c'est chose faite dans DZ5.

 

B. Un renouvellement nécessaire pour la pérennité de l'ensemble de la série Donjon

Le lectctorat ne perçoit que ce qu'il a sous la truffe, car il est pris par l'histoire, et comme un enfant se plaint quand on lui sert des nouveaux mets qu'il ne connait pas. Pourtant ces nouveaux mets sont indispensables à sa croissance, même s'il se sent trahit sur le moment. Vivre l'expérience Donjon peut pour certains entrîner un divorce passager, mais ceux-là auront en compensation la joie des retrouvailles.

Zénith devait muté, et offrir une nouvelle problématique, sans quoi le pourrissement du coeur même de la série aurait dénigré l'ensemble de la série, et précipité sa fin, et cela n'avait rien d'improbable, puisque cela a été la fin de toutes les autres grandes fresques.

Quand on lève la truffe de la piste, l'on perçoit qu'il faut :

a/ Développer le reste de Terra Amata pour préparer Crépuscule

b/ Développer l'histoire d'amour entre Herbert et Isis, pour bannir définitivement l'ombre enfantine qui aurait pu peser sur Zénith. Dans DZ6, nous les verrons eux ou un autre couple faire l'amour, comme dans les autres séries, vous verrez.

Tous ces changements déconcertent, mais les transitions sont soit admisent et admirées comme telles, soit considérée comme des "écarts" des bonnes recettes pour ceux qui n'ont pas compris qu'elles étaient périmées. Mais la croissance même en volume de Donjon, dans des conditions de force et de nombre inédites dans le monde de la bande dessinnée, apportera avec éclat la preuve de la sagesse narrative de TronSfar.

L'époque Crépuscule est de toute les époques la plus indépendantes et la plus ouverte scénaristiquement.

 

III. L'époque Crépuscule

L'époque Crépuscule a déjà consommée sa première problématique narrative originelle (A), comme Potron-Minet, et comme Zénith a amorcé sa transition vers une nouvelle problématique (B).

 

A. La consommation de la problématique originaire de Crépuscule

La problématique originaire de Crépuscule est de connaître l'issue de la guerre que se livrent Marvin et Herbert. Le DC101 se contentait de poser superbement le décors, le DC102 posait cette question, et DM3 et 4 y répondait. DC103 et 104 assuraient la transition, plus particulièrement ce dernier.

Cette problématique était particulièrement étroite, autant que celle de Zénith. D'où la puissance de DC101 et 102, comme celle de DZ1 et 2. Plus les problématiques sont étroites, et plus leur intensité est forte tout en devant être rapidement renouvelée. Potron-Minet a pu connaître tois albums DPM-99 -98, et -97, de suite, car la problématique était un peu plus large, mais l'album de transition n'en a été que plus violent.

 

B. La transition vers une nouvelle problématique

Crépuscule n'aboutit pas sur une autre série comme ses deux petites soeurs, et elle n'a de fin qu'elle-même. Ses horizons sont les plus larges, ceux de ma mutation de Terra Amata. ces horizons sont :

a/ Les projets militaires de Fayez à la tête de le Géhenne

b/ La chasse que livrent les anciens porteurs à Herbert, qui s'est réfugié sous forme de Saï-Ra dans la Forteresse Noire

c/ Le devenir du Volcan de Vaucanson avec dedans Elyacin, Zakutu, et son ami (amant certainement) draconiste

d/ Le sort de Papsukal

e/ Si Marvin va accepter ses yeux, et ce qui va advenir de son groupe de Draconistes (y compris Marvin Rouge)

f/ L'explication du bug de la Carte Majeur sur l'îlot rose

Les histoires d'amour ne sont jamais aussi nombreuses, ni l'avenir aussi riche de perspectives que dans Crépuscule, mais Jojo et Lewis par leurs courageux choix narratifs réitéreront ces exploits dans Potron-Minet et Crépuscule, en créant le plus grand, le plus fort, des édifices scénaristiques jamais édité dans le monde de la bande dessinnée !

Eliya

par Eliya publié dans : donjon-divers
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Jeudi 15 juin 2006

Trois remarques liminaires concernant les cartouches narratifs :

1/ Ce sont les raccords apparents d'un album qui raconte deux histoires différentes : le rapprochement d'Alexandra et Hyacinthe, et la fin d'Antipolis, ils établissent un pont entre les précédents albums, et entre ces deux histoires entres elles, qui ne sont que superfitiellement liées. Compte tenu de l'éloignement temporel entre les autres DPMs, et l'inégalité écrasante entre la grosseur de la première et la petitesse de la deuxième, ils sont une nécessaire intrusion extérieur dans la trame de l'histoire pour lui conférer un minimum d'unité.

2/ Le postulat narratif de Joann et Lewis recquière de l'histoire qu'elle ne doit jamais connaître de temps mort, et doit rebondir de manière inattendue mais cohérente. Il n'échappe à personne que la linéarité du fil narratif passe en second au détriment de son dynamisme, ici les cartouches permettent le tour de force de concilier plusieurs sujets, dans une seule histoire. Jojo et Lewis ne pouvaient couvrir autant de sujets parvenir sans y recourir, maintenant la question est de savoir s'il s'agissait d'une bonne idée.

3/ Les 3 premiers Potron-Minet jusqu'ici relataient l'histoire presque semaine à semaine de Hyacinthe, mais à ce régime pour emmener Hyacinthe vers la succession de son oncle, son mariage avec Elise, sa prise de contrôle de la guilde, sans oublier Alexandra, et tout ça sans faire chier le lecteur, l'équation devenait intenable. Cela est possible avec Zenith et Crépuscule, car le cahier des charges des objectifs à atteindre est vague pour le premier, et carrément absent pour le second, mais ce bond temporel était nécessaire dans l'univers de Potron-Minet, pour sauvegarder la vitalité de l'histoire. Jojo et Lewis étaient contraints de faire ce bond, donc de traiter plusieurs sujets, donc d'avoir recours aux cartouches narratives.

Conclusion : Je suis admiratif du travail d'orféverie qu'a recquis cet album passerelle et riche, qui établis les ponts entre l'ancien et le nouveau Potron-Minet, même si l'histoire tressaute, même si elle est composite. C'est comme une promenade en jeep dans un désert inculte et bosselé, comme un plat avec des morceaux croquants ou tendres qui n'ont pas été passés au mixer, son dynamisme avec ses chaos et ses contrastes est à mes yeux sa personnalité même.

 

 

 

- Première planche :


 

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La première page est une parfaite entrée en matière dans le tragique du deuil, ce qui est rare dans un album Donjon.

Ambiance chromatique : Les teintes de gris sont superbes, tristes, et très poetiques. Hyacinthe y apparait très affecté, ce qui dévoile son amour pour la défunte Elise, et surtout son insupportable culpabilité.

Surprise : Quoi de plus normal de vouloir se confier pour Hyacinthe, et Cormor semblait effectivement remplir cette fonction paternelle de consolateur. Mais premier coup de TronSfar, nous sommes pris à contre-pied par la réaction de Cormor, pourquoi se montre t-il aussi cassant ?

J'avance une explication : Le Professeur Philippe Cormor est un automate profondément pénétré par un altruisme supérieur, qui le conduit à s'inquièter du sort de ses semblables biologiques et mortels. Il ne doute pas un instant que l'ampleur de la catastrophe écologique que provoquera l'écroulement du métro convainquera Hyacinthe de se rallier à sa cause. Mais son intelligence occulte son empathie, il est tellement obnubilé par l'enjeux qu'il se montre froid et cassant avec Hyacinthe, qui souhaite se confier, car il n'a pas de temps à perdre avec ces futilités ! Mais c'est une grave erreur de sa part, car la noire culpabilité qui anime Hyacinthe l'empêchent de réfléchir, et de se soucier d'autrui.

Interrogation sur les rapports entre Hyacinthe et Arakou de Cavallère : Il est évident que Hyacinthe entretient de bons rapports avec son père, ce dernier ne cesse jamais de le valoriser, et d'être affectueux, et Hyacinthe se montre tout aussi déférent, et ils sont assez complices (DM5, DPM-99). Mais depuis que Hyacinthe est Comte, et maître de la Guilde des assassins, jusqu'où Hyacinthe est-il allé dans les confidences faite à son père ?

 

- Deuxième planche :

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La rencontre entre les deux stars de l'albums : Alexandra la femme-serpent assassin et Cormor l'automate altruiste

Ambiance chromatique : Deuxième et dernière page grise de l'album.

Introduction à l'ambivalente personalité d'Alexandra :

Alexandra fait peur : Alexandra est superbe avec son oeil jaune et froid. Elle résume à sa manière froide et pragmatique la situation "Je l'aime. J'ai tué sa femme. Il le sait. Je crois qu'il m'en veut." Alexandra est plus emmerdée par le fait que Hyacinthe lui en veuille, et sache que c'est elle qui l'a tué, que par le fait proprement dit d'avoir tué Elise. Alexandra s'occupe plus du résultat que des causes, car l'empathie et les scrupules ont été refoulés aux confins de sa personnalité, au fil de sa vie de tueuse. La case suivante aussi est géniale, le drapé de la cape d'Alexandra donne une ampleur à sa silhouette qui communique le sentiment que l'ange de la mort poursuit lui-même Cormor dans le cimetière.

Alexandra séduit comme un serpent, animée par une brutalité teintée de sensualité. Elle donne le choix à Cormor entre un "partenariat", et la mort, à quatre pattes sur lui, le couteau sous la gorge. Tout est en paradoxes, en signaux contradictoires, le froid de la lame sous la gorge, la chaleur du corps d'Alexandra, la menace de mort, la proposition de solutionner ses soucis. Cette ambivalence résulte de l'absence d'inhibition d'Alexandra vis-à-vis de la violance.

Parallèle intéressant avec Marvin Rouge : Alexandra est en ce sens aussi embivalent que Marvin Rouge, dans DC102, avec sa relation avec Nicole. Il ne sait pas comment lui exprimé son désir de tendresse et d'amour, alors lui arrache sa tunique de dépit, il menace de mort tous les hommes qu'elle tentera d'épouser à sa place. Comment établir une comparaison avec cet adolescent immature affectivement qui pense qu'à coucher et prendre du bon temps, et cette femme revenue de tout ? Tous les deux sont binaires dans leurs schémas sociaux : tu es mon ami, et si tu veux pas je me fache et je casse tout. Marvin Rouge partage avec Alexandra cet propention à la violence, mais la comparaison s'arrête là : Marvin Rouge est con mais bon, il n'a jamais fait de mal à des innocents alors qu'Alexandra est capable de tuer de sang-froid et sans remord, elle aime tuer (DM8 p.11 "c'est bon de tuer vous savez"). Marvin Rouge est puéril mais bon, et Alexandra sans scrupule.

 

- Toisième planche :

L'entreprise de séducation d'Alexandra

Ambiance chromatique : Des tons oranges/marrons foncés très chauds, reflétant l'intimité de la scène, avec du noir pour donner un aspect de prédateur et carnassier à Alexandra, et du vert tendre pour Cormor, sa proix !!

Alexandra : Est tout simplement séduisante, cagoleuse, enjoleuse, provoquante. Je suis fasciné par ce personnage. Elle ne connait pas d'autres modes de relations sociales que l'intimidation ou la séduction, et excèle dans l'un comme dans l'autre. C'est à la fois une femme adulte et maîtrisant pleinement son sex-appeal, et une femme-enfant ne supportant pas qu'on la rejète, et qui apporte immédiatement une sanction violente. Rares sont les individus qui maîtrisent pleinement leur sex-appeal, et généralement cette maturité recquière un certain degrès d'équanimité (égalité d'humeur et sérénité), mais Alexandra ne tolère rien. Alexandra a gagné sa survie au prix du sang et de l'effort, son statut d'assassin lui confère une superbe méprisante : nul ne m'impressionne, mais gare à qui me manquerait de respect ! Ha! J'aurai aimé une Alexandra qui n'aurait pas sombrée dans la violance, elle serait devenue une avocate extraordinaire si le bouc de DM8 n'avait pas été une enflure. Joann et Lewis, j'aimerai un AVOCAT HONNETE S'IL VOUS-PLAIT DANS DONJON !

Cormor : Le professeur (doté dans cet album du prénom "Philippe" afin de l'humaniser davantage) Cormor est relooké pour l'occasion. Exit le professeur légèrement bedonnant, et de taille moyenne, avec une houppette rousse ridicule, que l'on connaissait dans DPM-99 et DM5, voici un grand oiseau au bec allongé, avec une houpette de cheveux (qualifiés de rasta par l'ami Kikipow) coiffés en arrière qui lui confère un indéniable dynamisme.

Les attitudes corporelles : Blain a merveilleusement rendu le naturelle des attitudes d'Alexandra, qu'elle saisisse le bec et la main et Cormor, qu'elle le regarde un verre à la main, qu'elle le regarde par dessus ses mains croisées, ou les bras croisées, le rendu est parfait. Ca n'a l'air de rien, mais un dessinateur qui rend un état d'esprit dans une position corporelle, ça demande une sensibilité artistique suppléant une maîtrise technique impeccable. Cormor lui reste très droit et attentif, et presque académique. Les mains expliquent, elles se tendent, se croisent sagement, se pose à plat sur la table.

Le désir d'Alexandra de complètement subjuguer Cormor : Elle ne recule devant rien, après qu'il l'ait préalablement rejeté, elle ne se contentera de rien de moins que d'une soumission et une adhésion absolue de la part de cormor.

1/ Elle l'aguiche.

2/ Elle lui soumet une série d'arguments massues pour qu'il comprenne sa puissance, qu'il a "une chance incroyable" qu'elle lui prête son assistance.

3/ Elle exige une preuve de soumission, d'avilissement, une démonstration physique de hiérarchie, comme les loups, qui ne lâchent leurs subordonnés que quand ils se sont mis sur le dos et présentés leurs gorges. Elle ordonne à Cormor de la supplier à genoux.

Singularité de la planche : c'est très rare dans Donjon qu'une planche entière soit consacrée à un entretient entre deux personnages. Cela dénote un soin tout particulier des auteurs à bien instaurer une vraie relation entre les deux protagonistes, dans le but de les épaissir tous deux. L'enjeux pour Cormor est un peu de démontrer son dévouement à l'idéal qu'il entend défendre, mais surtout pour Alexandra d'établir définitivement sa stature de femme-fatale, déjà bien assise dans DPM-97.

- Planche 4 :

La mise en mouvement de l'intrigue, maintenant que le décor est posé.

Ambiance chromatique : Comme précédemment couleurs marrons/oranges foncés, procurant une mabiance chaude. Mais il y a davantage de noire, bleu, et vert, pour marquer la présence des clients, et du rose foncé et clair pour bien signaler la présence de la cochonne.

Evenement : L'arrivée de Hyacinthe, avec ses quatre gardes patibulaires.

Hyacinthe : Il est complètement noyé dans le désespoire, et n'inspire qu'à l'oubli dans l'ivresse et la luxure.

Interrogation : Hyacinthe dit que tout le monde va mourir. Dit-il cela parce que Elise est morte, et qu'il a l'esprit la mortalité de chacun, ou parce que la mise en garde de Cormor le travail ?

 

- Planche 5 :

Le massacre des gardes par Alexandra

Ambiance chromatique : Les cases sont d'un vert caca d'oie plutôt glauque, à l'exception des 4 cases rouges où Alexandra exécute les gardes. Cette ambiance est à la fois malsaine et violante, ce qui reflète l'état des relations entre Hyacinthe et Alexandra.

Evolution dans l'attitude de Hyacinthe : Avant la clôture de Crève-coeur, il était fou d'Alexandra, mais le fait qu'elle assassine Elise l'a remplit de rancune à son égard, au point qu'il ait laissé tranquile Jean-Michel. A présent, on constate que Hyacinthe veut tout simplement trucider son ancienne maîtresse !

Impact du massacre des gardes : c'est la preuve qu'Alexandra est littéralement prête à se battre pour récupérer son aimé, et que si elle est une femme dénuée de scrupule, elle est néanmoins capable de faire preuve d'abnégation, elle est émouvante du fait que sa brutalité est surclassée par sa passion.

- Planches 6 à 9 (pages 8 à 12) :

Ces planches présentent une chaine d'évènements qui est le coeur de l'album, Hyacinthe va passé du stade du veuf mort de regrêts à celui d'impotent émouvant, ce qui réabilite Alexandra qui continue à l'aimer malgrès son infirmité. Tout le reste de l'album n'est que l'histoire de leur rapprochement, agrémenté des péripéties d'Antipolis;

Ambiance chromatique : Le verdâtre-sombre perdure page 8, succède à une prédominence du sombre, qui régnera jusqu'à la page 12. Cette coloration réflète l'intensité dramatique, qui ne cesse de croître en étant tout juste percé d'une case rougâtre ou rose qui permettent de couper la noirceur de ces deux planches. Cette période sombre comporte néanmoins une trouée lumineuse page 12, qui est annonciatre de la future rédemption du couple fautif.

La confrontation Hyacinthe-Alexandra : Cet affrontement met chacun d'eux face à ses propres fantômes, dans une danse macabre qui va servir de cérémonie expiatoire et permettre au couple de se mettre finalement sur le chemin nécessairement périlleux de l'expiation. Hyacinthe saisi l'occasion de venger Elise pour ne pas avoir su la défendre et mieux l'aimer, et Alexandra peut enfin agir pour réparer sa faute, en affrontant la haine de Hyacinthe. Le premier peut extérioriser sa colère, et la deuxième trouve ainsi le moyen de "payer".

L'intensité dramatique dde l'affrontement Hyacinthe-Alexandra : Le romantisme et l'intensité dramatique culmine à son maximum lors de la chasse que livre Hyacinthe à la femme-serpent. Il souhaite la tuer, et elle le prévient qu'il va dégringolé du pont, et il semble qu'il se suicide inconsciemment. Si l'album finissait ici sur la mort de Hyacinthe, il n'y aurait rien eu à redire : un lamantable gachit aurait été consommé, et Alexandra n'avait qu'à se jeter aussi dans le vide, pour que William Shakespeare lui-même puisse applaudir.

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Symbolisme de la rupture des vertèbres de Hyacinthe : Hyacinthe est rattrapé in extremis par la cheville par Alexandra, après sa chute du pont. Le pont représente un renouveau de leur histoire, car c'est sur un tel pont, et peut-être même celui-ci, que Hyacinthe a sauvé la vie d'Alexandra lors de son combat contre la Javelle de Jean-Michel (DPM-98 et DM8), et c'est sur ce pont qu'Alexandra va sauver Hyacinthe du cycle auto-destructeur dans lequel il s'abîme tête la première. La rupture des vertèbres de Hyacinthe provoquant la paralysie de ses jambes est un triple symbole :

a/ Hyacinthe prend totalement la place du Comte Florotte, son oncle et mentor. Il est devenu son héritier, est devenu probablement aussi puissant que lui, est le principal responsable des travaux d'achèvement du métro. Cette infirmité consomme l'identification trans-générationnelle, qui pose la question de jusqu'où Hyacinthe a t-il renié son engagement morale, maintenant qu'il est devenu totalement semblable à Florotte.

b/ Cette infirmité démontre de manière définitive la chute morale de Hyacinthe : ses choix le rattrapent et l'achèvent. Il a choisi l'ambiguité entre une vie officielle avec Elise, et une vie de truand avec Alexandra, et la première vie a été bouffée par l'autre. Hyacinthe a tout perdu, en sacrifiant l'honneur, l'amour, et la morale.

c/ La chute morale de Hyacinthe préfigure la destruction d'Antipolis. Tout comme Dieu qui anéantit Sodome et Gomorrhe parce qu'Abraham n'a pas pu trouvé 10 justes, Antipolis est anéantit par sa corruption. La chute de Hyacinthe est liée à celle d'Antipolis par le fait que Hyacinthe s'était juré s'assainir Antipolis, et son échec individuel se confond avec l'incurie collective.

Les prouesses athlétiques de Cormor : L'automate fait montre de son extraordinaire aptitude à l'acrobatie, allégeant quelque peu la lourdeur de l'atmosphère en secourant de manière inattendue Hyacinthe. La diversion opérée par son étonnante intervention apporte un peu d'air au lecteur, qui doit pouvoir continuer à suivre l'histoire sans être gonflé et écoeuré par la dynamique du jeu de massacre.

La réunion de la Confrérie autour d'Alexandra : Il s'agit de d'achever de rétablir une ambiance positive en rappelant la puissance de la Confrérie dirigée par Hyacinthe et Alexandra. Ce soutien remet du baume au coeur, par son caractère inconditionnel et puissant "Qui lui a fait ça Alexandra ? Parle Alexandra, et on ira châtier qui tu veux, fûsse un roi.". Il est intéressant de noter que l'esprit de corps de cette entité grouillante et servile rappelle la soumission des Petits Lutins, les deux étant aussi symathique et rassurant l'un que l'autre.

Le bon docteur Fèvre : Sa désignation par Cormor et les ordres d'Alexandra établissent la détermination de cette dernière, qui use pleinement de la puissance financière et de la force d'intimidation de la Confrérie pour faire venir Févre. Sur Févre proprement dit, une brève recherche internet montre qu'un Docteur Févre a construit des appareils gazogènes en 1870, comme l'indique ce lien (ligne 7) : //clubsiphons.free.fr/Exposition/exposition_texte.html mais c'est peut-être indépendant de la volonté de TronSfar. Cet homme est homosexuel, détail comique dans le contexte, et d'ailleurs tout en lui, son professionalisme, sa tête de chien, ses réflexions, et son cynisme (ou son détachement je ne sais plus très bien), éclaircissent la tristesse du verdict : Hyacinthe sera infirme. Mais cette planche annonce en dépit de cela un dénouement heureux, puisque la lumière revient et éclaire les ténèbres. Même la mort du bon doc Fèvre nous fera bien rire. On est assez malsain non ? A moins que ce ne soit que moi...

Le mobilier humain : Blain dessine une grosse brute qui sert de porte-chandelier vivant, et un petit gusse qui sert de guéridon, probablement pour illustrer le dévouement des gens de la Confrérie.

La grande fragilité d'Alexandra : Blain dessine Alex' les croisés, ramassés sur elle-même, pour signaler son inquiètude.

 

- Planches 10 à 12 (pages 13 à 15) :

Ces trois planches sont la transition entre l'éclaircissement de le reste de l'album qui était sombre. Ce groupe de 3 planches est partagé entre les soins apportés par Alex à Hyacinthe, et les actions de la Guilde au service de Cormor, avant que l'histoire ne retrouve sont unité.

Planche 10 :

La mise en place de l'action des 3 prochaines planches

Ambiance chromatique : Les deux lignes du haut et les deux du milieux forment deux ensembles, le premier plutôt chaud, et l'autre bleu-sombre, pour montrer que l'atmosphère de l'album va changer, que les ténèbres commencent à se dissiper face à la lumière.

4 lignes importantes : la première introduit le duo Cormor-Cadmiom, la seconde la trouée de la lumière dans les ténèbres qui régnaient jusque là, la troisième l'authenticité émouvante des sentiments d'Alexandra qui achève sa rédemption, et la quatrième par la sortie sous le porche symbolise tout cela.

Planche 11 :

Les bons soins d'Alexandra

Ambiance chromatique : La tiers est bleu-noir, les deux-tiers blanc, cette planche consomme la transition annoncée plus tôt, ainsi que la rédemption d'Alexandra aux yeux du lecteur.

La grande tendresse d'Alex : Sa gentillesse et son amour pour un Hyacinthe convalescent et brisé clame sa réhabilitation.

Planche 12 (page 15):

L'action de la Confrérie en faveur de l'arrêt des travaux

Ambiance chromatique : Le bureau lumineux de Cormor tranche avec la moitier inférieur sombre, cette moitier inférieur est elle-même découpée par deux cases marron-chaude qui encadre deux cases sombres, ces découpages sont les derniers structures avant le vrai changement chromatique de la planche suivante.

Le partenariat Cormor-Cadmiom : C'est un passage savoureux. Cadmiom est visiblement le responsable exécutif, il ne prend pas de décision importante, mais il dirige toute la confrérie. Ce étrange dialogue entre ce premier-ministre des truands, et le professeur Cormor est un excellent exemple de ce que TronSfar inventer comme relations riches !

 

- Planche 13 :

La vote du Conseil municipal

Ambiance chromatique : Cette planche est la fin de la transition entre le noir, la clair-obscurité, car enfin cette planche est pleine de couleurs lumineuses aux 3/4.

Réunification des deux précédents sujets : Cormor voir Alexandra et Hyacinthe, accompagné de Cadmiom, et c'est cette équipe qui va occupper les 7 prochaines planches (jusqu'à la planche 17 page 22). Cadmiom : Le fonctionnaire du crime est touché par l'impact positif de ses truands, pour uen fois ! Très drôle !

 

- Planche 14 :

Le sauvetage de Hyacinthe

Ambiance chromatique : L'unité avec la planche 13 est assuré par une première ligne éclairée de vert clair, et le reste est le noir-bleu sombre de la nuit.

On constate que Cormor est définitivement sur-canarien.

 

- Planche 15 :

Le lancement de la quête des magiciens

Ambiance chromatique : Jaune et lumineuse, elle perdurera jusqu'à l'aboutissement de cette quête, jusqu'à la planche 19.

Hyacinthe, Alexandra, Cadmiom, et Cormor décident d'allé quérir un magicien à Cochonville, et on apprend que Cormor a une histoire d'amour avec une "une jeune professeur de magie".

 

- Planche 16 (page 19):

Le voyage onirique

Ambiance chromatique : Lumineux, jaune, un peu d'extérieur, la goulée d'air colorée de l'album, qui durera encore 3 planches (jusqu'à la page 22). Comme dans DM2, le voyage onirique est à l'honneur dans Donjon : Ce gros lézard est soulevé par le tabac magique de Hyacinthe, mais nous ignorions qu'elle avait la propriété de faire volé quelqu'un d'autre que son fumeur cette pipe !

La réaction des cochons : Dans DZ4 les Cochons n'attendent qu'une chose, que leurs enfants soient pris en charge par les magiciens, mais il faudra de nombreuses années pour en arrivé là, vu leur hostilité !

 

- Planche 17 :

Les murailles de bois de Cochonville

Ambiance chromatique : Jaune et marron clair !

L'arrivée d'Horous est pleine de dignité.

Interrogation : Est-ce que Horous a conservé à Zenith le prestige à Cochonville qu'il semble avoir ?

 

- Planche 18 :

Cormor & Sylvine

Ambiance chromatique : Une planche colorée avec des teintes roses, jaune, blanc, cette variété chromatique est la plus importante de cet album, avec la planche suivante. Toutes les autres planches sont plus uniformes. Le seul couple heureux de cet album. Quel avenir pour le couple Sylvine la jolie magicienne et son automate ?

 

- Planche 19 :

La guérison de Hyacinthe et le repas sous la pergola

Ambiance chromatique : Rouge, marron clair, jaune, bleu et vert clair. La dernière planche aux couleurs variés, pour faire ressortir la délicatesse et la subtilité de ce moment où Hyacinthe revit, et où les deux couples font connaissance

La guérison de Hyacinthe : Le coup de la chenille est très forte, et Horous parle au nom de Cochonville, et son "on" démontre son influence dans Cochonville.

Le repas sous la pergola : Cadmiom n'est pas visible, même si il est là, cette scène est réservée aux deux couples. Ces 6 cases font succéder à la violance et au drames précédent un moment de repos et de réflexion pour Hyacinthe et Alexandra, qui se réconcilie peut-être dans leur dernier regard. C'est très mignon !

 

- Planche 20 (page 23) :

Le retour à Antipolis

Ambiance chromatique : Retour au sombre, via l'orange et surtout le violet au contre-point au noir.

La fin provisoire de l'album : Tout est en ordre, comme l'indique la discussion en toute détente entre Hyacinthe et Cadmiom sur les toits. Hyacinthe a besoin de faire le point, il le fera page 25 !

 

- Planche 21 :

Le cour magistrale du Goeland

Ambiance chromatique : Marron, rose, jaune. Les teintes saumons vont durer 3 pages, pour préparer le déferlement sombre de l'apocalypse.

Le virage ultime de l'album : Antipolis va être détruite, les dernières actions vont découlées des craintes de Cormor.

Mention spéciale pour la case du bas à gauche, où Cormor se précipite chez Hyacinthe.

 

- Planche 22 :

Hyacinthe aime encore Alexandra !

Ambiance chromatique : Marron, et rose. deuxième et dernier volet de cette teintes saumons.

Hyacinthe est pathétique...

 

- Planche 23 :

Cormor se comporte en père envers Hyacinthe

Ambiance chromatique : Une superbe plache tout en ajuen clair et sombre, avec un contre-point noir superbe aussi. Il l'incite à se reprendre en main, à mettre fin aux travaux, à se re mettre avec Alexandra.

 

- Planche 24 (page 27):

Le raid catastrophe

Ambiance chromatique : Du noir, du vert, une goutte de jaune et de rouge pour signaler le drame.

Hyacinthe en chef de guerre, pour la première fois dans Donjon ! 

 

- Planche 25 :

La chute du Poncho de la Nuit

Ambiance chromatique : Glauque (vert) et marron pour Hyacinthe.

Les flics sont toujours aussi moches, et dirigé par Jean-Michel, le Prefet de police. La Pipe du destin gise à côté de l'épée hors d'usage de Hyacinthe.

 

- Planche 26 :

La dernière pose avant l'apocalypse : l'entretient Alexandra-Cormor

Ambiance chromatique : Beigne et marron.

Le trio relationnel se ferme là où il acommencé, Cormor informe Alexandra qu'elle est toujours aimé. Beau et touchant. Elle est moins gêné par le fait qu'il couche avec des putes qu'elle n'est heureuse de savoir que finalement il lui a pardonné.

 

- Planches 27 à 29 (pages 30 à 32) :

Le dernier acte de Jean-Michel en tant que Prefet de police

Ambiance chromatique : Sombre, noir, dominante verte.

Alexandra se lance à la rescousse de son aimé, et Jean-Michel se montre aussi mauvais et infect qu'il se doit. Mention spéciale pour son "demande pardon" à Alexandra à genoux, qui est l'échos du "A genoux !" d'Alexandra à Jean-Michel. Cormor s'échappe avec Alexandra a la faveur du cataclysme qui éclate : trop tard pour Antipolis...

 

- Planche 30 :

L'écroulement d'Antipolis

Ambiance chromatique : Rouge et noir !

Superbe planche.

 

- Planche 31 :

La planche à la hauteur de la démesure d'Antipolis, offrant un panorama désolé à la hauteur de sa chute, afin que le lecteur en prenne toute la mesure.

Note : Certains auraient souhaiter une destruction plus progessive et spectaculaire d'Antipolis. Une ou deux étapes d'écroulement par exemple. Moi je trouve que l'intensité dramatique est en à son summum ainsi, on se serait probablement fait chier avec un armaggedon qui n'en finirait pas.

 

- Planches 32 à 37 (pages 35 à 40) :

L'évasion d'une Antipolis décadente

Ambiance chromatique : gris-vert avec une touche de jaune apporté par les ailes de Cormor et la fusée éclairante. Le panorama de toutes les déchéances moarles est encore plus déprimanate que le décor de ruines. Alexandra est superbe dans son attaque du convois de Jean-Michel.

 

- Planche 38 :

Le retour au Donjon

Ambiance chromatique : Vert, gris, bleu, marron, rouge, couleurs belles et variées pour marquer la différence avec le désésastre d'Antipolis.

La mauvaise idée d'Alexandra : Alexandra a l'ésprit tordu, proposé à Cormor de se faire passé pour un couple...

Le dragon : Drôle, et preuve que la puissance militaire de la ménagerie d'Hyppolite est réelle. Et préparer l'intrusion de la populace en colère d'Antipolis.

 

- Planche 39 :

L'envole de Hyacinthe

Ambiance chromatique : Le même gris-sale de l'Antipolis ravagée.

Le dynamiteur volant était horrible. Ce rebond scénaristique est poetique bien que peu vraiscemblable. Mais c'est un petit évènement exceptionnel qui est amusant.

 

- Planche 40 (page 43) :

Le retour de Hyacinthe

Ambiance chromatique : Le bleu clair de la quiètude de la nuit est troublée par le rouge et le jaune des torches.

Le dernier joli entretient Cormor-Alexandra est fort sympathique. Le Donjon est attaqué pour la première fois de Potron-Minet.

 

- Plache 41 :

La foule en colère

Ambiance chromatique : Jaune clair et foncé des torches brulante, avec une touche de rouge inquiètant pour le noble prince Coroaze (imbécile infatué de sa position).

Symbolique de l'assaut : Arakou met en garde, à titre non-anodin, les nobles contre la violation des droits du sol. de manière plus large, c'est un avertissement contre le viol de la loi. Quelques nobles ont réussi a conservé une relative influence à la tête des Antipolisiens en colères, mais ils ne s'en sont pas servi pour organiser les secours puis la reconstruction

de la vilel comme Cormor en avait envie. Ils usent de leur influence pour manipuler la populace en espérant la faire se déchaîner contre Hyacinthe en tête-de-turc. Leur seule légitimité étant théoriquimeent leurs responsabilité de direction en faveur de l'ordre, ils sont donc sanctionné par le rejetd e leur autoriét mal utilisée. C'est la fin du pouvoir politique d'Antipolis, la fin pouvoir des grands commerçants.

Cette planche est vraiment magnifique. Chapeau à Blain.

 

- Planche 42 :

La défense du Donjon

Ambiance chromatique : Du rouge, du vert, du bleu, du jaune, des couleurs constrasté qui rendent bien l'intensité des combats. Mention spéciale pour la fumée bleu fluo de la Pipe.

La tentative de défense conventionnelle du Donjon, avant qu'Hyppolite ne se résolve à recourir à sa ménagerie, ancètre de l'armée du Donjon.

 

- Planche 43 et 44 (page 46 et 47) :

La défense désespérée de Hyacinthe et Alexandra au corps-à-corps

Ambiance chromatique : Marron-vert clair éclairé de rouge (les fibres des corps écorchés) et de bleu (pipe de Hyacinthe).

Dernière erreur en date de Hyacinthe concernant l'usage des tabacs. Petite compensation page 47 quand même...

 

- Planche finale 45 :

La nuit tombe sur Après la Pluie

Ambiance chromatique : Bleu et noir !

La capacité destructrice des monstres du Dr Hyppolite vient d'être éprouvée.

Hyppolithe jette les bases en lignes de force du Donjon : ramassé les cadavres et leurs biens ! Reste à Hyacinthe a en faire un jour une industrie...

 

Voilà, merci et bravo de m'avoir lu jusqu'au bout !

Eliya

par Eliya publié dans : POTRON MINET
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Mercredi 14 juin 2006

Il était impossible de faire 2 ou 3 albums Potron-Minets pour raconter :

1/ Comment Hyacinthe prend du gallon.

2/ Comment évolue le rapport Jean-Michel/Florotte/Hyacinthe.

3/ Comment Hyacinthe épouse Elise.

4/ Comment Hyacinthe organise avec Eustache et prend la direction de la Guilde des assassins.

...sans devenir chiant, ou tout au moins, en gardant le degrès de "percutant", des autres Donjons.

Je préfère que l'effort des auteurs se concentrent vers de plus vertes contrées vierges, où il y a plus matière à s'émerveiller et s'étonner, que nous expliquer ces 4 points là. Un ou deux Monsters dans les 2-3 prochaines années y pourvoieront certainement.

 

Pour faire une analyse qui rentre un peu plus dans le détail, j'expose ce qui me semble les points saillants de l'albums.

1/ Le professeur Cormor est la star de l'album. Il vole presque la vedette à Alexandra et Hyacinthe. C'est un personnage qui emprunte à la science-fiction, (et non à la fantaisy), Etienne à cité Blade Runner pour l'ambiance d'Antipolis, il aurait pu le faire aussi pour la problématique machine-homme. C'est un thème cher aux auteurs de SF américaine des années 50-60 (Azimov, Dick...), dont on retrouve ici 2 points caractéritiques :

a/ Le rapport affectif immortelle-mortel dans la relation amoureuse avec Sylvine.

b/ L'androïde (qui signifie robot à forme humaine) veut sauver l'humanité (Antipolis) mais l'"homme" ne veut pas se sauver lui-même.

2/ Antipolis est la métaphore de la cité-inhumaine qui se dévore elle-même. Les entrailles de la ville (le métro) s'effondrent, par la faute la corruption et l'avidité des grands chefs de la ville. Plus largement, Antipolis chute moralement autant que physiquement, comme le souligne Cormor, ils auraient pu rebâtir la cité en mieux, en faire un nouveau départ, (genre Venise ?) mais c'est l'égoïsme qui tue réelement la cité. Il faut voir le L'altruisme ici est représenté par Cormor, qui n'est pas humain, et qui doit avoir recours à des moyens illégaux pour défendre la communauté, thème sous-jacent à tout PM : les idéaux nobles se défendent illégalement et clandestinement dans une société corrompue.

3/ La réconciliation d'Alexandra et Hyacinthe. Nous confinons aux extrêmes du romantisme. Alexandra en bonne femme-serpent a un côté détaché et brute de décoffrage (on est tueuse à gage émérite ou pas hein !), qui est mis en évidence par son amour passionné pour Hyacinthe. Le côté enfantin mais revenu de tout d'Alexandra rend cette passion très drôle "Qui êtes vous ?" "Je l'aime. J'ai tué sa femme. Il le sait. Je crois qu'il m'en veut." ; plus fort encore, quand elle menace Cormor, le cajole (moi j'ai regrété ma bouche quand j'ai vue Alexandra lui coller le bec dans son corsage), lui ordonne de la supplier, on voit bien l'aspect extrême, passionné. Supplication qui en est d'autant plus amusante que Jean-Michel lui ordonne la même chose, ce qui ne laisse pas de doute sur les similitudes entre ce sale petit truand et la grande tueuse.

Distinguons 3 étapes :

a/ Hyacinthe ne va pas voir Alexandra. Il ordonne à ses hommes de mains de la tuer, tente de la tuer lui-même. On culmine au summum du tragique quand Hyacinthe tenant à peine sur ses jambes porsuit sur les toits de la ville Alexandra, sur un pont qui n'est pas sans rappelé celui sur lequel Hyacinthe lui sauve la vie DPM-99.

b/ Hyacinthe est infirme. Il est très touchant de voir l'attention et l'amour d'Alexandra devant un Hyacinthe déchu, brisé, handicapé, infirme.

c/ Hyacinthe a une chenille dans le dos (le Poncho de la Nuit succède à la Chemise), et ne sais plus trop où il en est. Ce moment est sublime où Alexandra fond en larme quand Cormor explique ses subtils déduction issues de faits très crues (les cuissardes, les putes, et les cris).

4/ Tout simplement Alexandra est mise en valeur comme aucun personnage féminin avant, c'est uné révolution dans la narration de Donjon. Elle change au moins 4 fois de tenus, ce qui est sans précédent, elle rythme avec Cormor l'action. Sa personnalité subtile et complexe se déploit dans un déchainement ininterrompue de scènes hilarantes et/ou émouvantes : l'enrôlement de Cormor, le combat contre Hyacinthe, ou l'évasion de Antipolis. Si on additionne tous les albums où elle se trouve, on a le personnage féminin le plus soigné, le plus complexe, le plus dense. Isis a moins souffert (pas de viole, pas de vie aussi dure, Isis est presque une fille à papa en comparaison, elle a juste été voleuse !!), alors que la femme-serpent assassin est une écorchée vive, et son amour pour Hyacinthe en est plus romantique et émouvant.

 

 

Examinons ensemble les points importants vis-à-vis de la grande histoire Donjon !

1/ Antipolis est détruite. Ses populations vont se dispersées, le pouvoir de ses nobles et dirigeants s'écroulent comme en témoigne la scène finale. C'est la fin de l'ordre social moderne, puissant, corrompue, la fin à l'ére civilisatrice de Terra Amata, que représente la chute de cette métropole. Les seigneurs féodaux, Vaucanson, Clérembard, en sortent forcément renforcés.

2/ Le Donjon a quelques un de ses principaux attributs. Faisons la liste des points acquis, et des points manquants.

Points acquis :

- Le Donjon vient de prouver sa puissance militaire, l'armée des monstres a démontré con aptitude a exterminer une grande foule vindicative.

- Le Dr Hyppolite donne l'idée de récupérer les corps pour nourir les monstres, de récupérer l'argent et les biens des vaincus, de là à en faire une industrie en incitant les aventuriers à venir par appat du gain, il n'y a qu'un pas que les prochains albums PM franchirons.

- Un embryon de tresor est formé par la fortune volée à Jean-Michel, et l'argent ramassé sur les cadavres.

- Zongo est là !

- Hyppolite a réuni une grande quantité de monstres, qu'il sait apprivoiser (il est pour qui le bon pouek pouek !!), et les lutins ont creusé (probablement ?) et agrandis le Donjon, qui n'était à la base qu'une tour.

Les points manquants :

- Marvin n'est pas là.

- Alexandra et Arakou sont encore vivants (il faudra donc les tuer au cours de DPM)

- Horous est à Cochonville

- Cadmiom qui est le second rôle principale ici, n'est pas encore au Donjon, mais ça ne saurait tardé. le bon personnel est si dur à recruter !!

- Le look de Hyacinthe et son apparence sont différentes.

- Le système du Donjon n'est pas encore en place.

 

Dans l'avenir immédiat que va t-il se passer ?

- Jean-Michel est encore vivant. Il peut faire de nombreuses choses, toutes visant à nuire à Hyacinthe ! Voilà un beau méchant, car il faut toujours un méchant !

- L'arrivée de Horous, et Cadmiom auprès de Hyacinthe. Alcibiade est où ?

Son père l'avait fait venir pour l'aider, quand arrivera t-il ?

- Hyacinthe et Alexandra vont connaître leur premier album en tant que couple marié, ce qui promait.

- Cormor va probablement rejoindre Sylvine à Cochonville, à moins que ce ne soit elle qui rejoingne Hyacinthe au Donjon, et que lui-même reste auprès de ses amis Hyacinthe, Alexandra, Hyppolite.

 

Conclusion au sujet de la place de Après la pluie dans Donjon.

1/ Cet album s'apparente à aucun autre, avec sa couleur romantisme-action-apocalypse. Il aiguise notre appétit qur la future trilogie (dont il est le premier) sur le thème de l'automate. Il lance une nouvelle thématique, n'ayant plus à traiter d'Antipolis, mais du Donjon. Il fait toujours de plus place au Féminin, et j'attends autant de DZ5. La couverture est magnifique, c'est le quatrième Donjon a avoir une femme en couverture (DZ3, DZ5, DM8), et Alexandra est splendide et mystérieuse ! Vive les cimetières sous la pluie !!!

2/ Comme le disait Etienne, un nouveau personnage, le Professeur Philippe Cormor, promet beaucoup. Il a la problématique du robot parmis les hommes, les mêmes visées éthiques que le Dr Hyppolite, ce qui fait un peu d'oxygène dans la série, une belle maitresse dont il est très amoureux, et qui est magicienne. Son détachement du début même si il finit par parler à Hyacinthe en père, ajouté à ses idéaux, est intéressant.

3/ Cochonville va devenir la capitale magique de Terra Amata (rien ne laisse entender qu'ailleurs il y ait une telle concentration de magieciens). L'organisation municipale, les rapports de pouvoirs de Cochonville, et les projets de ses maîtres sont des thèmes que je trouve passionnant. Voilà, ceux qui ont tout lu jusqu'à la fin en une fois ont droit à une médaille en chocolat !!

Eliya

par Eliya publié dans : POTRON MINET
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Dimanche 28 mai 2006

LA FAMILLE

 

Je nous pose la question : y a t-il une seule vraie famille dans Donjon ? Une famille au sens traditionnel avec un papa, une maman, et des enfants.

C'est notoire, Sfar est très marqué par la perte de sa maman très jeune. De fait, les personnages principaux de Donjon sont le reflet de cette image familiale brisée.

1/ Hyacinthe dont la mère est morte avant DPM

2/ Marvin qui ne connait pas son père (et qui mettra longtemps à connaître sa décendance)

3/ Herbert dont on ne connait que la mère

4/ Marvin Rouge l'orphelin élevé par Tonfa

Alors chez les personnages secondaires ?

1/ Alexandra avait une vraie famille, mais pas de maman

2/ Horous on ne sait rien de ses parents, mais arrive a constituer une famille, qu'il perd avant Zénith

3/ Alcibiade n'a que son père

4/ Isis n'a que son papa

5/ Pipistrelle n'avait que sa maman, qui est morte

6/ Nicole n'a plus que Mamie

Dernière chance de trouver une cellule familiale maman-papa-enfant(s), les descendants des personnages principaux, qui eux ont réussi à constituer une vraie famille :

1/ Herbert et Isis ont Papsukal et Zakutu, et adoptent Elyacin (notons que Hyacinthe est peut-être le père de Zakutu)

2/ Marvin avec Pirzuine a plusieurs enfants, dont quelques un sont morts de la grippe (DC103) mais ont Baal, peut-être d'autres (Baal est l'aîné)

3/ Baal petit fils de Marvin a une portée de "minis-moi-marvinesques (1)" avec Ormelle

Donc il y a deux vraies familles avec un papa et une maman, des enfants, et même des petits-enfants. Ils sont tous le fruit de l'union du duo Zénith Marvin et Herbert, tous les personnages étant créés sans famille "complète". C'est une dimension narrative importante, de voir que l'on part de familles endeuillées, pour se diriger dans la post-apocalytique Crépuscule vers de postérité familiale épanouie et inédite dans le reste de Donjon.

Eliya

(1) Pour les minis-moi, reportez-vous à Austin Power, dont le méchant à cloné un mini-moi nain et cruel.

par paul publié dans : ZENITH
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