La dynamique des séries
Le positionnement des trois séries s'oppère autour de l'évolution du Donjon. Il pourrait un peu choquer le lecteur que la période Crépuscule ne soit pas la déchéance du Donjon, alors que Potron-Minet rapporte sa création, et Zenith l'apogée de sa puissance. Pas d'affolement, c'est le simple effet de l'originalité intelligente de Donjon, qui parvient à toujours poser des problématiques riches et non-univoques.
La période Potron-Minet raconte comment Hyacinthe est devenu le Gardien. L'air de liberté qu'apporte l'absence du Donjon permet aux auteurs de bien différencier
Potron-Minet. Potron-Minet offre aux auteurs l'occasion de faire évoluer Hyacinthe et son monde plus librement que dans Zénith, puisque la fin de Potron-Minet est d'ouvertement narrer l'évolution de Hyacinthe vers "le Gardien". Là où Crépuscule dépeint une période autoritaire ou (depuis DC104) un nouveau monde en construction, Potron-Minet peut exposer des aventures dans un monde stable et complexe.
La période Zentith présente un monde stable, comme Potron-Minet, mais la présence du Donjon qui figure l'attraction star, donne un ton primesautier et intimiste. Potron-Minet puise sa légitimité dans une certaine gravité épique, et
Crépuscule encore plus, mais Zenith est un terrain de jeux. Zenith a une teinte assez intimiste, du fait de la grande complicité qui unie Herbert et Marvin, et de leur relation un peu familiale avec leur patron, Hyacinthe. DZ4 confirme cet aspect résolument familiale, avec une primauté des histoires de coeur (de canard et de chatte).
La période Crépuscule est la facette sombre et dure de Donjon. L'absolutisme et l'arbitraire sclérose le monde, et même si DC4 marque une pose après l'Armaggedon, je ne doute pas que Crepuscule demeure un univers de tragique épique, comme Potron-Minet est de "l'épique-romantique". Crépuscule offre l'occasion
d'adopter un ton plus sobre, plus pessimiste, que les autres séries, mais n'en demeure pas moins une série aussi pleine, complète, et lisible que les 2 autres. Marvin et Herbert sont deux terribles vieillards, et le post-pubaire Marvin Rouge offre un peu d'air à ce monde post-apocalyptique.
Eliya
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