Philippe Cormor, père fondateur du duché de Vaucanson ?
Faisant son apparition dés le premier album de Donjon Potron-minet
(DPM -99), Philippe Cormor se voit alors attribuer le titre de
professeur à l'université d'Antipolis. On le retrouve
dernièrement en premier rôle masculin, au côté d'Alexandra
dans l'album Après la pluie (DPM -84). Son agilité surprenante est
rapidement mise à jour par ses acrobaties dans les hauteurs de la
mégalopole. On le découvre ainsi sous un jour nouveau (ou
plutôt une nuit nouvelle). Il traîne visiblement un passé
obscur, contrairement aux apparences. C'est à Cochonville, par ses
confidences intimes avec sa maîtresse magicienne, que l'on
découvre l'explication de son étrange puissance physique. Philippe
est un être immortel, doté d'une constitution mécanique.
Arrivé à ce stade dans nos découvertes, il est important de
revenir aux origines de la création de Terra Amata, de l'univers de
Donjon, et plus particulièrement à celles d'un des personnages
principaux de cette grande saga : Herbert de Vaucanson.
Herbert tient son nom de Jacques de Vaucanson, ingénieur
mécanicien français (Grenoble, 1709-Paris, 1782). Ce dernier
imagina de nombreuses machines comme le premier métier à tisser
entièrement automatique. Il réalisa également des automates
célèbres, parmi lesquels son fameux Canard (1738). Herbert, Duc(k)
de Vaucanson : Canard de Vaucanson, CQFD.
Hors, dés les premières pages du premier Donjon (DZ 1), on
découvre que Herbert est bel et bien un être de chair et de sang,
il possède un cur et une peur particulière de la mort. Il ne
peut donc pas être le véritable Canard de Vaucanson, mais
possèderait plutôt ses titres de noblesse de par son ascendance.
Le premier Duc de Vaucanson, seigneur fondateur de son duché sur
Terra Amata, ne peut prétendre à ses origines que par son lien
direct avec Jacques de Vaucanson et par son exceptionnelle constitution,
mécanique et autonome. Philippe Cormor, quant à lui, semble
parfait pour tenir ce rôle.
Etre mécanique complexe, Philippe possède pourtant la capacité
d'aimer et de souffrir. Son incapacité à ce reproduire ne semble
pourtant pas tracasser outre mesure sa jolie compagne, amoureuse et
magicienne de surcroît. Il est alors envisageable que Philippe et
Sylvine ont su, par l'intermédiaire de la magie, se jouer des
caprices du temps et parvenir à leur fin en donnant naissance à
une nombreuse descendance. La population d'anatidés de Vaucanson
serait directement issue de leur amour sans bornes.
Ingénieur mécanicien et spécialiste de la mécanique du vol,
Philippe Cormor pourrait, en tout état de cause, être le génial
créateur d'une armée d'automates volants à l'allure
palmipède : les monstres de gousset. Il se serait néanmoins
protégé de ses créatures, apparemment dotées de la même
puissance physique que lui, en encrant en eux plusieurs lois immuables,
limitant ainsi leur autonomie. Nous en connaissons au moins deux à ce
jours : l'impossibilité de pouvoir se retourner contre un des membres
de Vaucanson et, plus particulièrement, l'incapacité de subvenir
à leurs besoins énergétiques par leurs propres moyens (celui de
se remonter mutuellement les ressorts), loi allant d'ailleurs à
l'encontre des principes les plus fondamentaux de la cybernétique.
La légitimité de ses lois reste cependant discutable. Le monstre
de gousset étant apparemment doté d'une intelligence propre, son
statut d'esclave, serviteur dépossédé de sa liberté et de
son libre arbitre, laisse à réfléchir. Le créateur de
Philippe (s'il existe) aura fait preuve d'un "humanisme" plus profond
que celui de sa créature. Chez cette dernière, une subtile
tendance à l'autocratie pourrait expliquer bien des choses face au
comportement futur de sa propre descendance.
Revenons-en à Herbert. S'il est bien, comme on pourrait le penser, un
descendant de Philippe Cormor (certains détails dans son apparence
semble venir confirmer cette idée), cela expliquerait le fait qu'il
soit, à la suite de son bannissement, allé trouver refuge au
donjon.
Hyacinthe de Cavallère est incontestablement le débiteur de
Philippe. Son inimitié, grandissante avec l'age et probablement
conséquente à la mort d'Alexandra, semble cacher les vestiges d'un
cur ayant abrité des sentiments des plus nobles. Il aura donc
recueilli Herbert en souvenir de son ancien professeur et ami, malgré
l'apparente inutilité de ce dernier dans un lieu ou l'animosité et
le goût du sang sont de première nécessité. Il lui vouera
à la longue un semblant d'amour rude et paternel, tentant par là
même de combler un douloureux vide. Hyacinthe doit effectivement
souffrir d'une tragique absence de progéniture, cette dernière
faisant l'objet d'une fierté ancestrale dans l'illustre famille des
Cavallère.
Herbert, quant à lui, rendra plus tard un éminent hommage à son
ancêtre, par l'intermédiaire des ingénieurs de Vaucanson et de
leur contrôle plus ou moins confirmé de la nitro. Il sera à
l'origine d'une des plus grandes révolutions dans l'univers de
l'aviation terra-amatienne, celle du vol à réaction.
Lich Khan